Le soir où Dembélé a tout emporté
Sur les terrasses de Lausanne, ce vendredi soir, on suivait surtout les Bleus du coin de l’œil, par habitude et par voisinage. Et puis, en l’espace d’une demi-heure, l’habitude est devenue spectacle : à la trente-deuxième minute déjà, Ousmane Dembélé avait inscrit trois buts à la Norvège. Le temps de commander une deuxième tournée, le Mondial venait de livrer l’un de ces moments que l’on raconte le lendemain à ceux qui dormaient. La dernière soirée des Groupes G, H et I a refermé six places pour les huitièmes et dessiné, but après but, la carte de la phase à élimination directe.

La France passe la vitesse supérieure
Le score est sans appel : Norvège 1–4 France. Dembélé a frappé à la septième, à la vingtième puis à la trente-deuxième minute — un triplé bouclé en première période, l’un des plus rapides de l’histoire de la compétition. Désiré Doué a corsé l’addition dans le temps additionnel (90e+4), Thelo Aasgaard ayant sauvé l’honneur norvégien à la vingt et unième. Les Bleus terminent premiers du Groupe I avec un parcours parfait, neuf points et une différence de buts de plus huit ; la Norvège accompagne la France en huitièmes à la deuxième place.
Détail qui en dit long sur l’état d’esprit du groupe : privée de Didier Deschamps, rentré en France après le décès de sa mère selon plusieurs médias français, l’équipe a été dirigée ce soir-là par son adjoint Guy Stéphan — et n’a rien perdu de sa maîtrise. Dans le même groupe, le Sénégal a étrillé un Irak réduit à dix 5–0 (Diarra, Sarr, un doublé de Pape Gueye, Ndiaye), de quoi entretenir un espoir de repêchage parmi les meilleurs troisièmes. On suit la France de près depuis la Romandie, et notre portrait des Bleus, favoris du Mondial éclaire pourquoi cette équipe avance avec l’aplomb des prétendants au titre.
L’Espagne assure, l’Uruguay s’en va
Plus au sud, l’Espagne a fait le travail sans briller : un but d’Álex Baena à la quarante-deuxième minute a suffi pour battre l’Uruguay 1–0 et s’emparer de la tête du Groupe H. La Roja file en huitièmes, l’Uruguay rentre à la maison. Une victoire étriquée qui n’a pas échappé aux preneurs de paris : sur le marché vainqueur, l’Espagne a légèrement glissé tandis que d’autres se rapprochaient, signe qu’une qualification laborieuse se paie parfois cash dans les cotes. Notre dossier sur l’Espagne, la Roja du Mondial revient sur les forces et les zones d’ombre de cette sélection.
La Belgique gifle, l’Égypte accroche l’Iran
Le Groupe G, lui, s’est joué à la différence de buts. La Belgique a déroulé contre la Nouvelle-Zélande (5–1, doublé de Leandro Trossard, puis De Bruyne, Lukaku et Saelemaekers), pendant que l’Égypte et l’Iran se neutralisaient 1–1 — l’Iran s’est même cru vainqueur dans le temps additionnel, avant qu’un but soit refusé pour hors-jeu après recours à la vidéo. Au décompte final, Belgique et Égypte terminent à égalité de points, et ce sont les Diables Rouges qui coiffent le groupe au goal-average. L’Iran, troisième avec trois nuls en trois matches, attend désormais de savoir si ce total suffira parmi les meilleurs troisièmes.

Le Cap-Vert entre dans l’histoire
Et puis il y a ces soirs où le football récompense les petits. En tenant le nul 0–0 face à l’Arabie saoudite, le Cap-Vert, pour sa toute première participation, est devenu le pays le moins peuplé de l’histoire à atteindre les huitièmes d’un Mondial masculin — invaincu, après avoir accroché l’Espagne et l’Uruguay. « We are proud of having arrived at this stage. We have shown that we are a small country, but that we fight for the things that we want to achieve » (« Nous sommes fiers d’être arrivés à ce stade. Nous avons montré que nous sommes un petit pays, mais que nous nous battons pour ce que nous voulons accomplir »), a savouré le sélectionneur Bubista. Une histoire qui résonne jusqu’ici : la diaspora cap-verdienne et lusophone est nombreuse dans nos cantons, et plus d’un bistrot romand a fêté cette qualification comme une victoire de quartier.
Ce que la nuit a changé pour la suite
Au matin du 27 juin, le tableau est presque complet : les Groupes A à I sont bouclés, seuls les Groupes J, K et L jouent encore ce soir, et la phase à élimination directe débute dès demain. La France conforte son statut de favorite — une cote décimale de 4,50 sur le marché vainqueur (relevé du 27 juin) la place seule en tête. Pour la Nati, ces qualifications en cascade ont valeur d’exemple : voir les cadors valider leur billet sans trembler rappelle que la place se gagne, et que la Suisse, première de son Groupe B, abordera ses propres échéances avec l’élan des qualifiés. Pour replacer chaque résultat dans l’ensemble, gardez sous la main notre tour d’horizon des groupes du Mondial 2026 et notre classement des buteurs en direct.
