Coupe du Monde 2026 : 48 équipes, trois pays, un été à raconter
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Le 5 décembre 2025, au Kennedy Center à Washington, j’étais devant ma télévision avec un carnet ouvert sur les genoux et un café qui refroidissait sans que je m’en aperçoive. La cérémonie de tirage au sort battait son plein, Heidi Klum tirait des boules d’un côté de la scène, Drake glissait des plaisanteries de l’autre, et moi je notais frénétiquement chaque combinaison qui sortait des urnes. Quand la boule a sorti Canada dans le groupe B juste avant la Suisse, j’ai souri. Quand elle a sorti Qatar et Bosnie-Herzégovine pour compléter le tableau, j’ai compris que la Nati venait d’hériter d’un groupe lisible, joueable, raisonnablement clément, et que les six prochains mois allaient être une longue préparation pour un été pas comme les autres.
Cet article est le panorama complet du Mondial 2026 que j’aurais aimé avoir sous la main ce soir-là pour répondre à mes proches qui me bombardaient de questions par messages. Il couvre le format à 48 équipes et pourquoi tout change, les trois pays hôtes et leur logistique commune, les dates clés du tournoi, les douze groupes racontés un par un, la route qui mène de la phase de groupes au MetLife Stadium, les seize stades retenus par la FIFA, et la place très spécifique que la Suisse occupe dans cette nouvelle architecture. Je vous propose de suivre l’ordre chronologique du tournoi, depuis la décision de 2017 qui a tout déclenché jusqu’au coup de sifflet final de la finale du 19 juillet 2026.
Pourquoi 48 équipes changent tout
En janvier 2017, à Zurich, le Conseil de la FIFA a voté à l’unanimité le passage du Mondial de 32 à 48 équipes à partir de l’édition 2026. Le vote était attendu, le Président Gianni Infantino en avait fait sa promesse de campagne lors de son élection un an plus tôt, mais l’unanimité a quand même surpris parce qu’elle balayait les réticences techniques et sportives qui s’étaient exprimées dans les fédérations européennes les plus puissantes. Cette décision est probablement la plus grande révolution structurelle qu’ait connue le tournoi depuis le passage à 32 équipes en 1998. Et neuf ans plus tard, en 2026, nous allons enfin voir ce que cela donne sur le terrain.
L’argument officiel de la FIFA est démocratique. Plus de places, plus de continents représentés, plus de petites nations dans le tableau, plus d’enthousiasme partagé sur la planète. L’argument est sincère et il a sa cohérence. Le quota des places revient à seize pour l’UEFA, neuf pour la CAF, huit pour l’AFC, six pour la CONMEBOL, six pour la CONCACAF, une pour l’OFC, et deux barrages intercontinentaux qui se sont joués en mars 2026 et qui ont apporté les deux dernières équipes à la fête. Quatre pays disputent leur tout premier Mondial dans cette édition : le Cap-Vert, le Curaçao, la Jordanie et l’Ouzbékistan. À leurs côtés, plusieurs nations effectuent un retour historique, comme la RD Congo (premier Mondial depuis 1974, sous le nom du Zaïre) et l’Iraq (premier Mondial depuis 1986). Pour ces sélections, la qualification est un événement qui dépasse largement le sport.
L’argument moins officiel mais aussi évident est financier. Quarante-huit équipes signifient plus de matchs, plus de droits télévisés à vendre, plus de partenaires commerciaux, plus de revenus pour la FIFA et pour les fédérations participantes. Le Mondial 2026 devrait dégager des recettes brutes supérieures à celles de 2022 d’environ trente pour cent selon les projections de la FIFA elle-même, et ces recettes sont en partie redistribuées aux fédérations qui s’en servent pour financer leur développement national. C’est une mécanique vertueuse pour les petits pays et une source de revenus considérable pour la maison-mère.
Le format retenu, après plusieurs allers-retours dans les commissions techniques, est celui de douze groupes de quatre équipes. Chaque équipe joue trois matchs de poule. Les deux premiers de chaque groupe sont automatiquement qualifiés pour la phase à élimination directe, ce qui fait vingt-quatre qualifiés mécaniques. À ces vingt-quatre s’ajoutent les huit meilleurs troisièmes du tournoi, classés selon un barème de points, différence de buts, buts marqués, et fair-play. Au total, trente-deux équipes accèdent au Round of 32, c’est-à-dire au seizième de finale, qui est une nouveauté absolue dans l’histoire du tournoi.
Cette nouveauté change beaucoup de choses pour les équipes et pour les parieurs. Une équipe peut désormais perdre son premier match, faire un nul, gagner le troisième et passer en huitième de finale via la repêche des troisièmes. À l’inverse, une équipe peut gagner ses trois matchs et tomber dès le seizième sur un adversaire redoutable. La marge d’erreur en phase de groupes est plus large, mais le couloir des éliminés tomberait plus tard et plus brutalement. Le tournoi devient une longue séquence où chaque équipe joue désormais sept matchs au lieu de sept dans l’ancien format pour celles qui vont au bout, ce qui pose des questions inédites de fatigue et de gestion d’effectif.
Sur le plan logistique, le passage à 48 équipes a aussi imposé un total de cent quatre matchs au lieu de soixante-quatre, étalés sur trente-neuf jours au lieu de vingt-neuf. Le tournoi commence le 11 juin 2026 et se termine le 19 juillet 2026, ce qui en fait l’une des plus longues éditions jamais organisées. Pour les fédérations européennes, qui rechignaient à libérer leurs joueurs aussi longtemps en plein été, c’est un compromis acceptable parce que le tournoi reste contenu dans la fenêtre internationale habituelle. Pour les supporters et pour les médias, c’est un changement de rythme : un Mondial de 2026 ressemble plus à un Tour de France qu’à un sprint.
J’ajoute une dernière conséquence, plus subtile mais réelle. Avec quarante-huit équipes, le niveau moyen de la phase de groupes baisse mécaniquement. Les premières journées vont produire plus de matchs déséquilibrés où une grande nation écrase une petite, ce qui peut frustrer les puristes mais qui a aussi son charme parce que ces affiches sont parfois les premiers Mondiaux d’une nation et qu’elles génèrent une émotion populaire dans les pays concernés. La vraie phase de tournoi commence en réalité avec le seizième de finale, où le niveau remonte d’un cran et où chaque match devient un combat. Pour l’analyse approfondie de cette nouvelle architecture, je vous renvoie à mon article spécifique sur le format à 48 équipes du Mondial 2026.
Trois pays, un seul été : USA, Mexique, Canada
Une particularité que peu de gens remarquent : le Mondial 2026 est le premier de l’histoire à être organisé conjointement par trois pays. Il y a eu deux organisations conjointes auparavant, le Japon et la Corée du Sud en 2002, qui était une expérience binationale tendue politiquement, et personne d’autre. Tripler le nombre d’hôtes pose des défis logistiques que la FIFA a mis huit ans à résoudre, et qui se traduisent dans le calendrier, dans la répartition des matchs, et dans la géographie politique du tournoi.
La candidature commune des trois pays nord-américains, qu’on appelle United Bid dans les documents officiels, a été retenue par la FIFA en juin 2018 face à une candidature concurrente du Maroc. Le vote des fédérations a été net, soixante-six pour cent en faveur de l’Amérique du Nord. Le projet présenté reposait sur trois piliers : une infrastructure existante de très haute qualité, notamment des stades NFL et MLS aux États-Unis, une expérience récente d’organisation événementielle massive sur le sol américain, et une garantie financière qui faisait pencher la balance commerciale du côté de l’Amérique. Le Mexique et le Canada apportaient à l’ensemble une dimension culturelle et géographique qui élargissait le tournoi au-delà des frontières des États-Unis.
La répartition des matchs reflète ce déséquilibre logique. Sur les cent quatre matchs du tournoi, soixante-dix-huit se jouent aux États-Unis, treize au Mexique, et treize au Canada. Tous les matchs à partir des quarts de finale se jouent aux États-Unis, ce qui inclut les deux demi-finales, le match pour la troisième place et la finale. Le Mexique accueille uniquement des matchs jusqu’au seizième de finale, et le Canada de même. C’est une asymétrie qui a fait grincer quelques dents au nord et au sud, mais qui reflète la réalité du nombre de stades disponibles et de leur capacité d’accueil.
Côté états-uniens, onze villes ont été sélectionnées pour accueillir des matchs : New York et le New Jersey via le MetLife Stadium d’East Rutherford où se jouera la finale, Los Angeles via le SoFi Stadium d’Inglewood, Miami via le Hard Rock Stadium, Dallas via le AT&T Stadium d’Arlington, Houston via le NRG Stadium, Atlanta via le Mercedes-Benz Stadium, Seattle via le Lumen Field, San Francisco via le Levi’s Stadium de Santa Clara où jouera la Suisse, Philadelphie via le Lincoln Financial Field, Boston via le Gillette Stadium de Foxborough, et Kansas City via le GEHA Field at Arrowhead Stadium. Onze stades, onze identités urbaines très différentes, et onze fuseaux horaires presque tous distincts.
Côté mexicain, trois villes accueillent des matchs : Mexico via l’Estadio Azteca qui ouvre le tournoi le 11 juin avec Mexique contre Afrique du Sud, Monterrey via l’Estadio BBVA, et Guadalajara via l’Estadio Akron. L’Azteca est un cas à part dans l’histoire du football mondial parce qu’il devient en 2026 le premier stade de la planète à accueillir des matchs de trois Coupes du Monde différentes : 1970, 1986 et 2026. Aucun autre site n’a fait cela, et il est probable qu’aucun ne le fera avant longtemps.
Côté canadien, deux villes accueillent des matchs : Toronto via le BMO Field qui a été agrandi spécifiquement pour le tournoi, et Vancouver via le BC Place où la Suisse jouera son troisième match de groupe contre le Canada le 24 juin. Le choix de deux stades canadiens seulement reflète l’inventaire limité d’enceintes adaptées au football professionnel sur le sol canadien, où le hockey et le football américain dominent largement.
Pour le supporter européen et romand en particulier, cette répartition tri-nationale a une conséquence pratique importante. Suivre intégralement le tournoi par retransmission télévisée demande de jongler avec des fuseaux horaires qui vont de l’heure normale du Pacifique en hiver, qui est moins neuf heures par rapport à l’Europe centrale, à l’heure de l’Est qui est moins six heures. Concrètement, les matchs se déroulent à des heures romandes qui s’étalent de dix-huit heures à quatre heures du matin selon les sites. Bonne nouvelle pour le supporter de la Nati : tous les matchs de la Suisse en phase de groupes sont calés à vingt-et-une heures heure romande, ce qui est un alignement astrologique très favorable que je détaillerai plus loin.
Du 11 juin au 19 juillet : les dates qui comptent
Trente-neuf jours, c’est long. C’est plus long que tous les Mondiaux précédents à l’exception de l’édition 2014 au Brésil qui s’était étalée sur trente-deux jours, et de quelques éditions très anciennes des années trente. Cette amplitude est imposée mécaniquement par le nombre de matchs, cent quatre, et par la nécessité de respecter des intervalles minimums de récupération entre rencontres pour les équipes. Voici les jalons à retenir, parce qu’ils structurent le suivi de tout le tournoi.

Le coup d’envoi du Mondial est fixé au jeudi 11 juin 2026. Le match d’ouverture oppose le Mexique à l’Afrique du Sud à l’Estadio Azteca de Mexico, devant ce qui sera probablement un public de plus de quatre-vingt mille personnes. Le coup d’envoi est calé à dix-huit heures heure suisse, ce qui est un horaire idéal pour la diffusion européenne. C’est un choix symbolique de la FIFA, qui voulait ouvrir le tournoi sur le berceau historique du Mondial nord-américain et rendre hommage au pays qui a accueilli les éditions 1970 et 1986.
La phase de groupes s’étale du 11 juin au samedi 27 juin inclus. Pendant cette période, chaque équipe joue ses trois matchs de poule, généralement avec un intervalle de quatre à cinq jours entre les rencontres. Les douze premiers et les douze deuxièmes des groupes sont qualifiés pour le tour suivant, et les huit meilleurs troisièmes sont déterminés par le classement transversal des troisièmes. Le calcul des troisièmes ne peut être finalisé qu’après la dernière journée de groupe, ce qui crée une attente particulière le 27 juin.
Le Round of 32, c’est-à-dire le seizième de finale, se joue du dimanche 28 juin au vendredi 3 juillet. Seize matchs sont disputés sur six jours, avec une moyenne de deux à quatre matchs par jour. C’est un rythme soutenu qui demande aux équipes une récupération précise et qui ouvre des opportunités d’analyse pour les parieurs attentifs aux compositions de rotation. Les seize gagnants accèdent aux huitièmes de finale.
Les huitièmes de finale se déroulent du samedi 4 juillet au mardi 7 juillet. Huit matchs sur quatre jours, deux matchs par jour, ce qui ressemble enfin au format classique des Mondiaux précédents. C’est généralement que les écarts de niveau commencent à produire des affiches spectaculaires.
Les quarts de finale se jouent du jeudi 9 juillet au vendredi 11 juillet. Quatre matchs, deux jours, deux matchs par jour. C’est le tour qui historiquement produit le plus de surprises dans les Mondiaux modernes, parce que les outsiders qui ont survécu jusque-là ont souvent la fraîcheur tactique et le mental pour bousculer un favori épuisé.
Les demi-finales se jouent le mardi 14 juillet et le mercredi 15 juillet, à raison d’un match par jour. Le match pour la troisième place est programmé le samedi 18 juillet, et la finale le dimanche 19 juillet 2026 au MetLife Stadium d’East Rutherford. Le coup d’envoi de la finale sera calé à vingt-et-une heures heure suisse, soit quinze heures à New York. C’est l’horaire optimal pour cumuler l’audience européenne en prime time et l’audience américaine en milieu d’après-midi, et c’est le résultat d’une négociation entre la FIFA et les diffuseurs majeurs.
Pour le supporter de la Nati spécifiquement, les trois dates qui comptent sont le samedi 13 juin pour Qatar contre Suisse au Levi’s Stadium, le jeudi 18 juin pour Suisse contre Bosnie-Herzégovine au SoFi Stadium, et le mercredi 24 juin pour Suisse contre Canada au BC Place. Toutes les trois à vingt-et-une heures heure romande exactement, sans exception. Si la Suisse passe en seizième de finale, son match suivant se jouera dans la fenêtre du 28 juin au 3 juillet. Si elle continue jusqu’en huitième de finale, ce sera entre le 4 et le 7 juillet. Et ainsi de suite jusqu’à la finale.
Les douze groupes du Mondial 2026 racontés un par un
Une fois les seize équipes nord-américaines et caribéennes qualifiées par les zones CONCACAF et CONMEBOL placées dans les chapeaux de tirage, et les barrages intercontinentaux disputés en mars 2026, les douze groupes ont pris leur forme définitive. Chaque groupe a son histoire, ses favoris, ses outsiders, ses pièges. Voici le tour d’horizon, dans l’ordre alphabétique des poules.
Le groupe A réunit le Mexique, la Corée du Sud, l’Afrique du Sud et la République tchèque. Le Mexique est tête de série en tant que pays hôte, et son public va lui apporter un avantage incomparable à l’Azteca et à Monterrey. La Corée du Sud arrive avec une génération expérimentée portée par Son Heung-min, qui dispute probablement son dernier Mondial. L’Afrique du Sud a hérité d’un tirage gagnable et viendra avec l’ambition d’une qualification historique. La République tchèque est l’inconnue européenne, sortie de la qualification UEFA avec un parcours discret mais solide. Le favori naturel est le Mexique, le piège est la Corée.
Le groupe B est celui de la Suisse. Canada, Suisse, Qatar, Bosnie-Herzégovine. Le Canada est tête de série en tant que co-hôte et bénéficie d’une attaque emmenée par Alphonso Davies et Jonathan David qui en fait un favori sérieux. La Suisse arrive en deuxième position avec un parcours de qualification UEFA quasi parfait et une ambition de huitième de finale qui est devenue une habitude. Le Qatar est l’outsider expérimenté du groupe, quatre ans après avoir organisé son propre Mondial. La Bosnie-Herzégovine s’est qualifiée via le barrage UEFA Path A et apporte au groupe la dimension émotionnelle d’une rivalité balkanique avec la Suisse, où plusieurs joueurs binationaux ont une histoire personnelle. Pour l’analyse complète de ce groupe, je vous renvoie à mon article sur le Groupe B du Mondial 2026.
Le groupe C aligne le Brésil, le Maroc, l’Écosse et Haïti. Le Brésil est le favori naturel et même probable, avec une équipe rajeunie autour de Vinícius Jr et Rodrygo, désormais coachée par Carlo Ancelotti après sa nomination en 2024. Le Maroc est l’outsider sérieux, fort de son demi-final historique de 2022 à Qatar et d’une nouvelle génération expérimentée. L’Écosse retrouve un Mondial après vingt-huit ans d’absence, ce qui est un événement historique pour les Écossais. Haïti complète le groupe et joue son premier Mondial depuis 1974.
Le groupe D associe les États-Unis, le Paraguay, l’Australie et la Turquie. Les États-Unis sont tête de série en tant que co-hôtes principaux et bénéficient d’un calendrier qui leur permet de jouer plusieurs matchs dans des villes à fort soutien populaire. Le Paraguay est de retour après une longue absence, l’Australie est un habitué qualifié via la zone AFC, et la Turquie est l’européen expérimenté du groupe. Le favori est les USA, mais le groupe est ouvert.
Le groupe E rassemble l’Allemagne, la Côte d’Ivoire, l’Équateur et Curaçao. L’Allemagne, après deux Mondiaux décevants en 2018 et 2022, joue son retour au sommet sous la houlette de Julian Nagelsmann, avec une génération Musiala-Wirtz-Havertz qui a brillé à l’Euro 2024. La Côte d’Ivoire arrive en championne d’Afrique en titre. L’Équateur est qualifiée via la CONMEBOL et porte l’avenir du football sud-américain. Curaçao, perle des Caraïbes, dispute son premier Mondial de l’histoire dans un moment qui restera dans la mémoire collective de l’île.
Le groupe F réunit les Pays-Bas, le Japon, la Tunisie et la Suède. Les Pays-Bas sont les favoris déclarés, fidèles outsiders éternels qui n’ont jamais soulevé la coupe mais qui en sont régulièrement proches. Le Japon, qualifié facilement via l’AFC, arrive avec une génération expérimentée de joueurs évoluant en Europe. La Tunisie est l’outsider africain. La Suède, qualifiée via le barrage UEFA Path B, complète le tableau.
Le groupe G aligne la Belgique, l’Iran, la Nouvelle-Zélande et l’Égypte. La Belgique reste un favori sérieux malgré la fin d’une génération dorée qui a marqué les années 2010. L’Iran est l’outsider asiatique solide. La Nouvelle-Zélande dispute le Mondial via la place océanique unique attribuée par l’OFC. L’Égypte est portée par Mohamed Salah qui joue probablement son dernier Mondial.
Le groupe H regroupe l’Espagne, l’Arabie saoudite, le Cap-Vert et l’Uruguay. L’Espagne est la championne d’Europe en titre depuis l’Euro 2024 et arrive avec Lamine Yamal et Nico Williams, deux des plus grands talents du football mondial. L’Arabie saoudite est l’asiatique solide. Le Cap-Vert dispute son tout premier Mondial après une qualification historique. L’Uruguay est le piège classique sud-américain, avec Federico Valverde et Darwin Núñez en chefs de file.
Le groupe I aligne la France, le Sénégal, la Norvège et l’Iraq, ce dernier qualifié via le barrage intercontinental fin mars 2026. La France est tête de série et favori du groupe, finaliste de 2022, championne de 2018, et toujours articulée autour de Kylian Mbappé qui dispute son troisième Mondial. Le Sénégal est l’africain expérimenté qui avait atteint les huitièmes en 2022. La Norvège fait son retour en Mondial après vingt-huit ans d’absence avec Erling Haaland comme étendard générationnel.
Le groupe J rassemble l’Argentine, l’Algérie, l’Autriche et le vainqueur d’un barrage. L’Argentine est la tenante du titre, championne du monde en 2022 à Doha, et la grande question est de savoir si Lionel Messi disputera son cinquième et dernier Mondial à trente-neuf ans. L’Algérie est l’outsider africain, l’Autriche est l’européen sortant qualifié de manière directe.
Le groupe K associe la Colombie, l’Ouzbékistan et deux qualifiés via barrage. La Colombie est portée par James Rodríguez et Luis Díaz, et arrive en favori d’un groupe ouvert. L’Ouzbékistan dispute son tout premier Mondial après une qualification historique en zone AFC. Les deux qualifiés via barrage complètent ce groupe parmi les plus imprévisibles du tournoi.
Le groupe L réunit l’Angleterre, le Ghana et deux qualifiés via barrage. L’Angleterre reste un favori régulier avec Jude Bellingham, Harry Kane, Bukayo Saka et Phil Foden, mais traîne la malédiction des soixante ans sans titre majeur depuis 1966. Le Ghana est l’outsider africain qui revient régulièrement à la surface des Mondiaux. Les deux qualifiés via barrage ferment le tableau du tournoi.
De la phase de groupes au MetLife Stadium
Ce qui m’intéresse vraiment dans ce nouveau format à 48 équipes, ce n’est pas tant la phase de groupes que la mécanique de la phase finale. C’est là que le tournoi 2026 va révéler sa vraie singularité, et c’est là que les parieurs vont devoir réajuster leurs réflexes après douze éditions précédentes calées sur l’ancienne architecture à 32 équipes. La route vers le MetLife Stadium passe désormais par cinq tours éliminatoires au lieu de quatre, et chacun de ces tours a sa propre dynamique.
Le premier tour à élimination directe est le Round of 32, qui se joue du 28 juin au 3 juillet. Trente-deux équipes s’affrontent sur seize matchs. Les vingt-quatre équipes classées premières et deuxièmes de leur groupe rejoignent les huit meilleurs troisièmes pour former ce tableau. Le système d’appariement, qui n’a été finalisé par la FIFA qu’après le tirage de Washington, vise à éviter qu’une équipe ne rencontre une autre équipe issue du même groupe avant les demi-finales. C’est un casse-tête algorithmique que les ingénieurs de la FIFA ont mis plusieurs mois à valider, et il en résulte un tableau parfaitement équilibré entre les douze poules.
Le deuxième tour est le huitième de finale, qui se joue du 4 au 7 juillet. Seize équipes restantes, huit matchs en quatre jours. C’est que la qualité moyenne des affiches monte d’un cran, parce que les écarts de niveau du Round of 32 ont été lissés par les premiers résultats. C’est aussi que les premières grandes équipes commencent à tomber, et c’est généralement où se produit la première grosse surprise de l’édition.
Le troisième tour est le quart de finale, qui se joue du 9 au 11 juillet. Huit équipes, quatre matchs en trois jours. C’est mathématiquement le tour le plus difficile pour une petite nation, parce qu’il faut avoir éliminé trois adversaires successifs pour y arriver et qu’il ne reste plus que les meilleurs. Historiquement, c’est aussi le tour qui produit le plus de matchs serrés, avec une proportion élevée de prolongations et de séances de tirs au but.
Le quatrième tour est le demi-final, le 14 et le 15 juillet. Quatre équipes, deux matchs sur deux jours. les survivants sont presque toujours des nations habituées du sommet international, et les surprises sont rares. C’est le moment où les analystes et les parieurs commencent à parler du vainqueur potentiel avec une confiance qui leur manquait au début du tournoi.
Le cinquième et dernier tour est la finale, le dimanche 19 juillet 2026 au MetLife Stadium. Vingt-et-une heures heure suisse, vingt-deux heures heure de l’Europe centrale d’été. Le match pour la troisième place se joue la veille, le 18 juillet, dans l’un des stades libérés du circuit final. Pour la lecture détaillée du tableau et des dates, je vous renvoie à mon article sur la route complète vers la finale du Mondial 2026.
Onze stades américains, trois mexicains, deux canadiens
Seize stades, trois pays, des architectures qui vont du toit translucide hollywoodien au mythe historique de l’altitude mexicaine. La sélection des sites du Mondial 2026 a été annoncée par la FIFA en juin 2022, après plusieurs années de candidatures et de visites d’inspection. Le résultat est probablement la plus grande diversité d’enceintes jamais réunies dans une seule édition du tournoi, avec des capacités qui vont de quarante mille à quatre-vingt-dix mille places et des conditions climatiques qui vont de l’air sec de Mexico à l’humidité du nord-est américain en été.

Aux États-Unis, le MetLife Stadium d’East Rutherford accueille la finale et plusieurs matchs majeurs. Construit en 2010, c’est l’un des stades NFL les plus modernes de la côte est, avec une capacité de quatre-vingt-deux mille cinq cents places et une situation à seulement trente kilomètres de Manhattan, ce qui en fait un site naturel pour la grande finale. Le SoFi Stadium d’Inglewood, ouvert en 2020 dans la banlieue sud-ouest de Los Angeles, est probablement le stade le plus spectaculaire architecturalement, avec son toit translucide en ETFE qui change la lumière naturelle en fonction des heures et qui est devenu un emblème du sport américain moderne.
Le Hard Rock Stadium de Miami Gardens a été récemment rénové et servira de scène pour plusieurs affiches majeures, dans une ambiance latine qui devrait être spectaculaire. Le AT&T Stadium d’Arlington au Texas, surnommé Jerry’s World du nom de Jerry Jones le propriétaire des Cowboys, est le stade NFL avec la plus grande capacité après les agrandissements, et son écran central géant fait partie de la légende du sport américain. Le NRG Stadium de Houston, le Mercedes-Benz Stadium d’Atlanta avec son toit pétale unique, le Lumen Field de Seattle réputé pour son acoustique, le Levi’s Stadium de Santa Clara où la Suisse jouera contre le Qatar, le Lincoln Financial Field de Philadelphie, le Gillette Stadium de Foxborough dans la banlieue de Boston, et le GEHA Field at Arrowhead Stadium de Kansas City complètent la liste américaine.
Au Mexique, l’Estadio Azteca de Mexico est un cas à part dans l’histoire du football mondial. Inauguré en 1966, il a accueilli les finales des Mondiaux 1970 et 1986, soit deux des plus grandes finales de l’histoire avec le Brésil de Pelé contre l’Italie en 1970 et l’Argentine de Maradona contre l’Allemagne en 1986. Son altitude de plus de deux mille deux cents mètres au-dessus du niveau de la mer impose aux équipes une adaptation physique qui est l’un des facteurs les plus discutés par les préparateurs. L’Azteca rouvre son rideau pour un troisième Mondial en 2026, ce qui en fait le seul stade au monde à accueillir trois éditions du tournoi.
L’Estadio BBVA de Monterrey, plus moderne, et l’Estadio Akron de Guadalajara complètent le tableau mexicain. Au Canada, le BMO Field de Toronto a été spécifiquement agrandi pour le Mondial, et le BC Place de Vancouver, avec son toit rétractable spectaculaire, accueillera plusieurs matchs dont Suisse contre Canada le 24 juin. Pour les supporters romands qui voudraient se rendre sur place pour suivre la Nati, j’ai détaillé l’accès et les particularités du Levi’s Stadium de Santa Clara dans un article dédié.
Et la Suisse dans tout ça
Quand on regarde l’ensemble du tableau, il y a une question qui finit toujours par revenir dans les conversations romandes. Quelle est exactement la place de la Nati dans ce nouveau Mondial à 48 équipes ? La réponse est plus encourageante que ne le suggère la taille du pays, et elle mérite quelques précisions parce qu’elle structure tous les paris et toutes les attentes des prochains mois.
La Suisse arrive au Mondial 2026 en tant que tête de série du chapeau 2 lors du tirage, ce qui est une position très favorable. Cette position résulte du classement FIFA, dans lequel la Nati est régulièrement entre la quinzième et la vingtième place mondiale depuis une décennie. C’est une régularité statistique remarquable pour un pays de huit millions d’habitants, et elle reflète la solidité du système de formation suisse, du développement de la Super League aux centres de formation cantonaux qui produisent des joueurs régulièrement exportés vers la Bundesliga, la Serie A et la Premier League.
Le tirage du 5 décembre 2025 a placé la Suisse dans le groupe B avec le Canada en tête de série, ainsi qu’avec le Qatar et la Bosnie-Herzégovine. C’est un groupe que l’analyste froid qualifierait d’abordable. Le Canada, malgré son statut de favori du groupe en tant que pays hôte, n’est pas une nation traditionnellement dominante en football même si sa génération actuelle est la meilleure de son histoire. Le Qatar a la mémoire de son propre Mondial mais n’a pas marqué les esprits sportivement en 2022. La Bosnie est une équipe coriace mais qui sort par la petite porte du barrage, ce qui indique une forme oscillante.
L’objectif raisonnable et déclaré par Murat Yakin, qui reste le sélectionneur en place fin 2025, est de sortir du groupe B en deuxième position. Atteindre la première place serait un exploit qui demanderait de battre le Canada à Vancouver dans un stade hostile, ce qui n’est pas hors de portée mais qui n’est pas le scénario médian. Une fois sortie deuxième, la Nati affronterait probablement en seizième de finale le premier d’un groupe européen ou sud-américain, ce qui serait un test sérieux mais jouable.
Le potentiel de la Nati en 2026 dépend de plusieurs facteurs. Le premier est la santé des cadres, en particulier Granit Xhaka qui reste le métronome du milieu, et Manuel Akanji et Nico Elvedi qui forment la base de la défense centrale. Le deuxième est l’émergence d’une génération offensive plus tranchante, avec des joueurs comme Dan Ndoye et Zeki Amdouni qui doivent franchir un palier au plus haut niveau international. Le troisième est la chance du tirage en phase finale, qui est par construction imprévisible mais qui peut radicalement changer le destin d’une équipe.
Pour l’analyse complète et nuancée de la Nati au Mondial 2026, avec son effectif, sa tactique, son histoire et ses scénarios de qualification, je vous renvoie à mon article central sur la Suisse au Mondial 2026, qui constitue le cœur de ce site et qui sera mis à jour au fur et à mesure des résultats du tournoi.
Un Mondial à hauteur d’enfant
Je termine sur une note personnelle. Quand j’avais huit ans, en 1990, mon père m’a installé devant la télévision pour regarder l’Italia-Allemagne de l’Ouest qui se jouait à Rome. Je n’avais aucune idée de ce qu’était un Mondial, je ne comprenais pas pourquoi tous les adultes de mon village étaient soudain capables de citer les onze titulaires d’équipes lointaines, et je m’ennuyais profondément pendant les arrêts de jeu. Mais j’ai gardé de cet été-là une trace qui ne s’est jamais effacée. Le Mondial est resté, dans mon esprit, le seul événement sportif qui transforme les gens ordinaires en spécialistes pendant six semaines, qui crée des conversations de comptoir sur des nations qu’on ne saurait normalement pas placer sur une carte, et qui fabrique des souvenirs collectifs que les générations se transmettent ensuite pendant des décennies.
Le Mondial 2026 sera le premier à 48 équipes. Il sera joué entre trois pays. Il durera plus longtemps que tous les précédents. Et il offrira à la Suisse trois matchs de groupe à vingt-et-une heures heure romande, dans un alignement qui ne se reproduira probablement jamais. Que vous soyez parieur sérieux, supporter occasionnel ou simple curieux, l’été qui arrive promet d’être un de ceux qu’on raconte ensuite à ses enfants. Préparez vos écrans, vos calepins, vos amis et votre patience. Le 11 juin approche.
Questions fréquentes
Combien d"équipes participent au Mondial 2026 et quel est le format ?
Le Mondial 2026 réunit 48 équipes pour la première fois dans l"histoire, contre 32 lors des éditions précédentes. Le format est de douze groupes de quatre équipes, avec les deux premiers de chaque groupe et les huit meilleurs troisièmes qualifiés pour un Round of 32, soit un seizième de finale. Les seize gagnants accèdent ensuite aux huitièmes de finale, et le tableau se poursuit selon le schéma classique jusqu"à la finale du 19 juillet.
Quand se joue le Mondial 2026 et combien de temps dure-t-il ?
Le Mondial 2026 commence le jeudi 11 juin avec Mexique contre Afrique du Sud à l"Estadio Azteca de Mexico, et se termine le dimanche 19 juillet avec la finale au MetLife Stadium d"East Rutherford dans le New Jersey. Le tournoi dure donc trente-neuf jours et propose cent quatre matchs, soit beaucoup plus que les soixante-quatre matchs des éditions précédentes.
Dans quels pays se joue le Mondial 2026 ?
Le Mondial 2026 est organisé conjointement par les États-Unis, le Mexique et le Canada. Soixante-dix-huit des cent quatre matchs se jouent aux États-Unis dans onze stades, treize matchs se jouent au Mexique dans trois stades, et treize matchs se jouent au Canada dans deux stades. Tous les matchs à partir des quarts de finale, ainsi que les deux demi-finales et la finale, se jouent en territoire américain.
Quels sont les groupes du Mondial 2026 et où joue la Suisse ?
Les douze groupes vont de A à L. La Suisse est dans le groupe B avec le Canada en tête de série, le Qatar et la Bosnie-Herzégovine. Les trois matchs de la Nati en phase de groupes se jouent tous à vingt-et-une heures heure romande exactement : Qatar contre Suisse le 13 juin au Levi"s Stadium, Suisse contre Bosnie-Herzégovine le 18 juin au SoFi Stadium, et Suisse contre Canada le 24 juin au BC Place de Vancouver.
