Ronaldo, le crépuscule et la dernière colère
Il y a, dans certains bistrots de Genève ou de Lausanne tenus par la communauté portugaise — l’une des plus présentes du pays —, une télévision qui ne s’éteint jamais quand joue la Seleção. Ce mardi après-midi, quand le Portugal entrera sur la pelouse climatisée du NRG Stadium de Houston, ces écrans seront cernés de visages graves. Car le feuilleton de l’été n’est pas seulement sportif : c’est celui d’un roi de quarante et un ans qui sent le trône vaciller.

Dix matches sans trembler le filet
Les chiffres, parfois, racontent mieux que les mots. Cristiano Ronaldo reste sur dix matches de grande compétition sans inscrire le moindre but pour le Portugal — une éternité pour un homme qui a bâti sa légende sur la régularité du buteur. Lors du premier match de ce Mondial, le 1–1 concédé contre la RD Congo, il est encore resté muet, et les voix qui réclament sa mise au repos se sont faites plus fortes. À Houston, l’enjeu est limpide : marquer, ou voir le débat enfler.
L’adversaire, lui, semble taillé pour offrir une porte de sortie. L’Ouzbékistan dispute sa toute première Coupe du Monde et reste sur une défaite contre la Colombie. Les marchés ne s’y trompent pas : le Portugal est annoncé à une cote décimale de 1,18, le nul à 7,00 et la surprise ouzbèke à 15,00 (relevé du 23 juin). Sur le papier, le décor est planté pour une délivrance.
Quand le doute s’invite autour du capitaine
Mais le football se moque des décors bien plantés. Le Portugal a livré une entame poussive, et le 1–1 contre une RD Congo revenue en Coupe du Monde après plus d’un demi-siècle d’absence a sonné comme un avertissement. Une bonne nouvelle, tout de même, est venue de l’infirmerie : Rúben Dias est annoncé de retour à l’entraînement complet et devrait débuter, même si l’information restait à confirmer ce mardi matin. Le bloc défensif retrouve son patron — encore faut-il que l’attaque suive.
Le poids d’une dernière danse
C’est là que l’histoire dépasse le simple résultat. À quarante et un ans, Ronaldo ne reviendra pas pour un autre Mondial ; chacun le sait, lui le premier. Chaque ballon touché prend la couleur d’un adieu, chaque occasion manquée résonne plus fort que pour un autre. On a vu des géants partir par la petite porte et d’autres s’offrir un dernier coup d’éclat dans le money-time, au-delà de la nonantième minute. La question qui tient en haleine les bistrots portugais de Romandie est exactement celle-là : de quel côté penchera la balance ?
Ce que dit le marché, ce que dit le cœur
Sur le plan des paris, le Portugal reste un outsider crédible pour le titre, autour d’une cote de 13,00 au marché vainqueur (relevé du 22 juin) — un statut de « dark horse » partagé avec l’Allemagne. Mais les cotes ne disent rien de la charge émotionnelle. Pour suivre la course au Soulier d’or, où Ronaldo n’apparaît plus parmi les favoris, notre classement des buteurs en direct tient le compte au jour le jour. Et pour replacer ce match dans la journée, retrouvez l’ensemble de nos pronostics du 23 juin.
Quoi qu’il advienne ce soir à Houston, une chose est sûre : on ne reverra pas de sitôt une telle histoire. Le Mondial 2026, dans son immensité à quarante-huit équipes, nous offre ce luxe rare — assister, peut-être, au dernier grand chapitre d’une carrière hors norme. Pour comprendre les rouages de ce tournoi élargi, notre dossier tout savoir sur la Coupe du Monde 2026 sert de boussole.
