Espagne championne du monde : le récit d’une finale sans un tir cadré

Updated juillet 2026
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Dimanche soir, en Romandie, beaucoup ont allumé la RTS 2 vers 20h45 pour un rendez-vous attendu depuis cinq semaines. À 21h00, heure suisse, le MetLife Stadium était plein — 80 663 spectateurs exactement — et personne n’imaginait qu’il faudrait patienter jusqu’à la 106e minute pour voir le premier but tomber. Nonante minutes, puis une première période de prolongation : rien. Puis un remplaçant a armé le pied gauche, et l’Espagne est devenue championne du monde pour la deuxième fois de son histoire.

Un stade comble la nuit, tribunes en rouge, joueurs célébrant au centre du terrain sous les confettis
Dimanche 19 juillet, MetLife Stadium : l’Espagne soulève son deuxième titre mondial, seize ans après 2010.

Cent-six minutes de patience

La finale a été exactement ce que son affiche promettait : une opposition de styles où personne ne voulait commettre la première erreur. L’Espagne a gardé le ballon, l’Argentine a gardé ses distances, et le tableau d’affichage est resté vierge à la pause, puis à la fin du temps réglementaire. Le premier acte de la prolongation s’est achevé sur le même score. Ce n’est qu’au retour des vestiaires, une trentaine de secondes après la reprise du second acte, que la finale a basculé.

Deux remplaçants pour un titre mondial

L’action tient en trois gestes. Pedro Porro adresse un centre au deuxième poteau. Nico Williams, entré en cours de jeu, devance Molina de la tête. Et Ferran Torres, appelé à la 62e minute à la place d’Oyarzabal, reprend du pied gauche en première intention devant Emiliano Martínez. Deux remplaçants pour décider d’une Coupe du monde, et un premier but du tournoi pour un attaquant de rotation. « I just saw the ball coming to me and I just shot with the power of all the Spanish people », a-t-il raconté après coup (« J’ai simplement vu le ballon venir vers moi et j’ai frappé avec la force de tout le peuple espagnol »).

Un seul but encaissé en huit matchs

Le chiffre qui restera n’est pas celui du buteur, mais celui de la défense. L’Espagne a concédé un seul but sur l’ensemble du tournoi, en huit rencontres, avec sept fois sa cage inviolée : aucune championne du monde n’avait jamais fait mieux, et aucune n’avait eu à jouer autant de matchs pour y parvenir. Dans les buts, Unai Simón repart avec le Gant d’or et une modestie de circonstance : « Leaving seven clean sheets are numbers that are going to cost a lot to overcome and I don’t attribute the merit to myself but to my team-mates » (« Terminer avec sept clean sheets, ce sont des chiffres qu’il sera très difficile de dépasser, et je n’en attribue pas le mérite à moi-même mais à mes coéquipiers »). La série d’invincibilité de la sélection, qui avait rejoint les trente-sept matchs de l’Italie après la demi-finale face à la France, est montée à trente-huit matchs grâce à ce sacre : nouveau record international absolu, devant les trente-sept de l’Italie entre 2018 et 2021.

L’Argentine à dix, et pas un tir cadré

L’albiceleste a payé cher deux minutes de nervosité. À la 90e+3, Enzo Fernández a écopé d’un second avertissement pour une faute sur Pau Cubarsí et laissé les siens à dix pour toute la prolongation. Statistique cruelle : sur cent vingt minutes, l’Argentine n’a pas cadré une seule frappe. Emiliano Martínez, lui, a signé onze arrêts — le total le plus élevé jamais réalisé par un gardien dans une finale de Coupe du monde — et a maintenu son équipe en vie bien plus longtemps que le jeu ne le méritait. Quelques secondes après le coup de sifflet final, Leandro Paredes a saisi Eric García à la gorge et plaqué Gavi au sol dans une bousculade générale ; l’arbitre Slavko Vinčić lui a présenté un second carton jaune, synonyme de deuxième expulsion argentine sur la finale après celle d’Enzo Fernández.

Ce que la Romandie regardait vraiment

Il y avait, pour le public suisse, une histoire dans l’histoire. C’est cette Argentine-là qui avait mis fin au parcours de la Nati, le 11 juillet à Kansas City, 3-1 après prolongation et avec l’expulsion d’Embolo comme point de bascule. Voir les mêmes joueurs tomber à leur tour, une marche avant le sommet, n’efface rien — mais cela remet en perspective la meilleure Coupe du monde de l’histoire suisse : sortis par le finaliste, après avoir gagné leur groupe et deux matchs à élimination directe. Le dossier complet de la campagne reste réuni sur notre page la Suisse au Mondial 2026.

Le classement final, et ce que les cotes avaient annoncé

Le podium est désormais gravé : Espagne, Argentine, Angleterre, France — les Anglais ayant enlevé la petite finale 6-4 devant les Bleus le 18 juillet. Côté marchés, la cote de clôture relevée avant le coup d’envoi du 19 juillet donnait l’Espagne vainqueure du trophée à 1,67, l’Argentine à 2,30 : la favorite a tenu, mais par la porte de service. Nuance qui vaut d’être notée pour la suite : comme le score était de 0-0 après nonante minutes, le 1N2 sur le temps réglementaire s’est réglé sur le nul, coté 2,95 à 3,00, alors que le marché du titre, lui, payait l’Espagne. Deux paris opposés sur la même rencontre, tous les deux gagnants.

Ce que l’Espagne inscrit dans l’histoire

Avec l’Euro 2024 dans une main et la Coupe du monde 2026 dans l’autre, la sélection de Luis de la Fuente signe un doublé rarissime. Mieux : les Espagnoles ayant remporté le Mondial féminin 2023, l’Espagne devient la première nation de l’histoire à détenir simultanément les titres mondiaux masculin et féminin. « I said gentlemen we have an appointment with history, and we want to be there first », résumait son sélectionneur (« J’ai dit : messieurs, nous avons rendez-vous avec l’histoire, et nous voulons y être les premiers »). Le portrait de cette génération est à relire sur notre page Espagne, la Roja au Mondial 2026.

Les cotes citées sont des cotes décimales de clôture relevées avant la finale du 19 juillet, à titre indicatif ; ces marchés sont désormais réglés. En Suisse romande, seul Jouez Sport (Loterie Romande), agréé par la GESPA, propose légalement ces paris ; les opérateurs étrangers y sont interdits et bloqués. Le jeu est réservé aux personnes majeures (18+) — voir Jouez Sport, Loterie Romande et jeu responsable en Suisse.
Qui a gagné la Coupe du monde 2026 ?
L’Espagne, victorieuse de l’Argentine 1-0 après prolongation le 19 juillet au MetLife Stadium, sur un but de Ferran Torres à la 106e minute. C’est son deuxième titre mondial après 2010.
Quel était le score après nonante minutes ?
0-0. Le temps réglementaire et la première période de prolongation se sont achevés sans le moindre but ; le seul but de la finale est tombé au début du second acte de la prolongation.
Quel est le classement final du Mondial 2026 ?
  1. Espagne, 2. Argentine, 3. Angleterre, 4. France. L’Angleterre a battu la France 6-4 dans la petite finale du 18 juillet.

À lire aussi : les trophées individuels du Mondial 2026, la dernière Coupe du monde de Messi et le bilan chiffré du premier Mondial à 48.