Ce qu’il faut à la Nati pour finir en tête du Groupe B
Souvenez-vous de cette sensation, à la fin d’un repas de famille, quand tout le monde retient son souffle avant l’addition. La Suisse vit quelque chose d’approchant depuis dimanche soir : le travail est presque fait, la qualification se rapproche, mais le plus savoureux reste à jouer. Demain, à Vancouver, la Nati affronte le Canada pour une dernière journée de groupe qui ne décidera sans doute pas de sa présence en huitièmes — mais de bien autre chose : la première place, et le visage de l’adversaire qui suivra.

Là où en est le Groupe B
Repartons des faits. Après deux journées, le Canada et la Suisse comptent tous deux quatre points, fruit d’une victoire et d’un nul chacun. Les hôtes canadiens dominent à la différence de buts, avec un éclatant plus six, contre plus trois pour la Nati. Derrière, la Bosnie-Herzégovine et le Qatar ferment la marche avec un point chacun, respectivement à moins trois et moins six. Autrement dit : devant, deux cadors au coude-à-coude ; derrière, deux équipes qui jouent surtout l’honneur. Le détail complet de la poule figure dans notre dossier sur le Groupe B.
Le nul ne suffit pas pour la première place
Voici le cœur de l’affaire, et c’est une subtilité que beaucoup oublieront : à égalité de points, c’est la différence de buts qui départage. Or le Canada possède trois buts d’avance sur la Nati à ce chapitre. Conséquence directe : en cas de match nul demain, les deux équipes finiraient à cinq points, et c’est le Canada qui prendrait la tête du groupe grâce à son avantage à la différence de buts. Pour terminer première, la Suisse n’a donc pas le choix — il lui faut gagner. Tout le reste, comme nous allons le voir, lui laisse une marge bien plus confortable qu’il n’y paraît.
Et si la Nati ne gagne pas ?
Respirons un instant : perdre la première place n’est pas perdre le Mondial. La Bosnie et le Qatar, à un point, ne peuvent au mieux qu’atteindre quatre points lors de leur propre match à Seattle. La Suisse, déjà à quatre, conserve donc une marge confortable et une différence de buts nettement supérieure. Même un faux pas demain laisserait la Nati très bien placée pour accompagner le Canada au tour suivant — soit comme deuxième, soit, dans le format à quarante-huit équipes, parmi les meilleurs troisièmes. La nuance compte : ce match se joue pour le rang, pas pour la survie.

Pourquoi la première place vaut de l’or
Reste à comprendre pourquoi le sélectionneur et ses joueurs voudront absolument cette première place. Dans un tableau à élimination directe, terminer en tête de son groupe, c’est souvent hériter d’un adversaire théoriquement plus abordable au tour suivant, et parfois d’un parcours géographique plus clément. Pour une sélection comme la nôtre, qui n’a plus que rarement l’occasion de choisir son destin, ce genre de détail peut peser lourd sur l’ensemble du parcours. Nous avons détaillé les chemins possibles vers les huitièmes dans notre page scénarios de huitièmes pour la Nati.
Rendez-vous demain à vingt et une heures
Le coup d’envoi sera donné à midi à Vancouver, soit vingt et une heures en Suisse — l’horaire devenu familier pour cette campagne, celui qui transforme une soirée de semaine en veillée nationale. D’ici là, nous garderons l’œil sur l’évolution du classement, journée par journée, sur notre suivi du classement du Groupe B en direct. Et pour l’analyse du match lui-même, côté pronostic et cotes, retrouvez notre aperçu de Suisse-Canada du 24 juin.
