Messi seul en tête — la course au Soulier d’or vire au récital
Il y a des images qui s’impriment dans la mémoire d’un tournoi. Celle de Messi, le visage transfiguré, célébrant son huitième but du Mondial 2026 dans le chaos de la 83e minute contre l’Égypte, en est une. Ce but-là n’a pas seulement maintenu l’Argentine en vie — il a installé le numéro dix au sommet, seul, du classement des buteurs. À trente-neuf ans, l’homme que l’on croyait en fin de course continue de réécrire les manuels, un but à la fois.

Le classement au matin du 8 juillet
Le podium a bougé. Avec son but contre l’Égypte le 7 juillet, Messi compte désormais huit réalisations dans le tournoi — une longueur d’avance sur ses deux poursuivants directs. Kylian Mbappé (France) et Erling Haaland (Norvège) sont tous les deux à sept buts. Harry Kane (Angleterre) suit à six. Plus loin, Ousmane Dembélé (France) et Mikel Oyarzabal (Espagne) comptent quatre buts chacun. La course n’est pas terminée — chaque quart-de-finaliste a encore au minimum un, voire trois matchs devant lui — mais Messi a pris les commandes au moment le plus dramatique possible.
Ce que disent les cotes
Le marché du Soulier d’or, tel que capturé les 6 et 7 juillet, donnait Mbappé favori à 2,00 et Messi à 2,65 — mais ces prix sont antérieurs au huitième but de Messi. Ils sont donc périmés : la hiérarchie réelle s’est inversée sur le terrain. Haaland est coté à 8,00, Kane à 11,00. Les prochaines cotes actualisées refléteront vraisemblablement le nouveau statut de leader de Messi. Et le duel principal reste clair : Messi contre Mbappé, le dernier acte d’une rivalité vieille d’une décennie.
Le fantôme de Just Fontaine
Treize buts en une seule Coupe du monde — c’est le record de Just Fontaine, établi en 1958 en Suède, un chiffre que personne n’a jamais approché. Messi en est à huit. Cinq buts d’écart, et potentiellement trois matchs encore à jouer (quart, demi, finale). Est-ce jouable ? Sur le papier, c’est un rythme de 1,67 but par match. Messi tourne actuellement à 1,33 but par match dans ce tournoi. C’est ambitieux, mais l’homme a bâti sa carrière sur l’impensable. « It isn’t easy to come back from 2-0 down, but as I always say, this team never gives up » (Ce n’est pas facile de revenir de 2-0, mais comme je le dis toujours, cette équipe n’abandonne jamais), a-t-il dit après le match contre l’Égypte. Le record de Fontaine, lui non plus, n’abandonne pas facilement.
La note suisse
Pour la Romandie, il y a un intérêt supplémentaire à suivre cette course : c’est potentiellement contre la Nati que Messi cherchera son neuvième, dixième, peut-être onzième but. Le quart de finale Argentine-Suisse, le 11 juillet à Kansas City, place la Suisse directement sur la trajectoire du meilleur buteur du tournoi. Si Manzambi (trois buts, une passe décisive en phase de groupes, mais incertain pour le quart) avait pu poursuivre son propre parcours de buteur, il aurait animé un petit classement helvétique dans cette course. Le sort en décidera.
Le mot du conteur
À trente-neuf ans, Messi joue peut-être son dernier Mondial. Chaque but qu’il marque ressemble à la fois à un cadeau et à un adieu. Le Soulier d’or, s’il le décroche, serait le seul grand trophée individuel de Coupe du monde qui manque encore à sa collection — lui qui a le Ballon d’or de 2022 mais n’a jamais fini meilleur buteur d’un Mondial. La course est lancée, et Mbappé court derrière. Notre pronostic du vainqueur et le tableau des quarts remettent cette dimension individuelle dans le cadre du tournoi.
