Deux prolongations, quatre survivantes : le dernier carré est écrit
Il y a des samedis de football qui ne veulent pas finir. Le 11 juillet en fut un. Deux quarts de finale, deux prolongations, deux verdicts arrachés dans les dernières minutes — et, au bout de la nuit américaine, un dernier carré qui a la tête de l’affiche rêvée. Quand le Hard Rock Stadium de Miami et l’Arrowhead Stadium de Kansas City ont éteint leurs projecteurs, il ne restait plus que quatre nations debout : la France, l’Espagne, l’Angleterre et l’Argentine. Pour la Suisse romande, la soirée a un goût doux-amer — la Nati est tombée les armes à la main, mais nous y reviendrons. D’abord, le récit de ces cent vingt minutes qui ont tout décidé.

Angleterre-Norvège : Bellingham refuse de perdre
À Miami, la Norvège du phénomène Erling Haaland a longtemps cru à l’exploit. Andreas Schjelderup avait ouvert le score à la 36e minute, envoyant les Scandinaves rêver d’une première demi-finale de leur histoire. Mais l’Angleterre avait dans ses rangs un homme qui refusait le scénario : Jude Bellingham. Juste avant la pause, dans le temps additionnel de la première période (45e+2), le milieu anglais a égalisé pour recoller à un partout. Il fallait donc une prolongation pour départager les deux nations, qui ne s’étaient jamais affrontées dans un grand tournoi.
Trois minutes après la reprise des débats en prolongation (93e), Bellingham a surgi une seconde fois, profitant d’un ballon repoussé par le gardien norvégien pour offrir la qualification aux Three Lions. Un doublé de renard, un doublé de sang-froid. L’Angleterre s’impose deux buts à un après prolongation et rejoint le dernier carré d’un Mondial pour la première fois depuis 2018. La Norvège, elle, sort par la petite porte, avec les honneurs et un Haaland resté muet ce soir-là — figé à sept buts dans la course au Soulier d’or.
Argentine-Suisse : le drame d’Arrowhead
À Kansas City, l’histoire fut plus cruelle encore. La Nati, héroïque, tenait tête aux champions du monde argentins. Alexis Mac Allister avait pourtant lancé l’Albiceleste dès la 10e minute, mais la Suisse n’avait pas dit son dernier mot : Dan Ndoye a égalisé à la 67e, et tout un pays a soudain cru au séisme. Un partout, la Nati poussait, c’était son meilleur moment.
Et puis tout a basculé. À la 72e minute, Breel Embolo a été expulsé — un second carton jaune pour simulation, accordé après recours à l’assistance vidéo. Réduite à dix, la Suisse a résisté encore, longtemps, jusqu’à ce que la fatigue et le génie argentin ne finissent par parler. Julián Álvarez a délivré les siens d’une frappe lointaine à la 112e minute, avant que Lautaro Martínez ne scelle le sort du match dans le temps additionnel de la prolongation (120e+1). Argentine trois, Suisse un, après prolongation. Les champions du monde filent en demi-finale ; la Nati rentre à la maison, mais debout.
Le dernier carré : quatre géants, zéro surprise
Le tableau des demi-finales a désormais un visage — et quel visage. Pour la première fois de l’histoire de la Coupe du monde, les quatre sélections les mieux classées au classement FIFA se retrouvent dans le dernier carré : la France, l’Espagne, l’Angleterre et l’Argentine. Aucun outsider, aucune Cendrillon : le sommet du football mondial s’est donné rendez-vous pour les deux dernières marches.
La première demi-finale opposera la France à l’Espagne, le mardi 14 juillet à l’AT&T Stadium d’Arlington, près de Dallas. La seconde verra l’Angleterre défier l’Argentine, le mercredi 15 juillet au Mercedes-Benz Stadium d’Atlanta. Deux affiches, deux histoires, et une finale programmée le dimanche 19 juillet au MetLife Stadium de la région de New York. Notre tableau complet des demi-finales détaille dates, lieux et cotes de ce carré final.
Ce que la nuit a changé au marché
Les bookmakers n’ont pas tardé à réagir. La qualification de l’Angleterre a fait plonger sa cote de vainqueur : les Three Lions, donnés autour de 5,60 à 6,54 avant leur quart, sont passés à une fourchette de 4,10 à 5,90 selon les books — un net raccourcissement. L’Argentine, elle, reste stable autour de 5,00 à 5,20. La France conserve son statut de favorite claire (2,35 à 2,50), tandis que l’Espagne a légèrement dérivé (4,30 à 5,10). Côté Soulier d’or, le doublé de Bellingham l’a porté à six buts et propulsé dans la zone des outsiders (environ 14,00), sans bousculer le duo de tête Mbappé-Messi (huit buts chacun). Toutes ces cotes sont des cotes décimales indicatives relevées entre le 12 et le 13 juillet au matin.
Le mot du conteur
Un tournoi se juge parfois à ses soirées de bascule. Celle du 11 juillet en fut une : deux prolongations, un doublé héroïque, une expulsion contestée et, au réveil, un dernier carré digne d’un rêve d’enfant. La Nati a écrit une page magnifique avant de s’incliner — nous lui consacrons un adieu à la hauteur de son parcours. Et pour les deux affiches qui s’annoncent, notre pronostic France-Espagne et notre pronostic Angleterre-Argentine ouvrent déjà le bal.
