Onze minutes de folie et une séance de tirs au but pour sceller les quarts
On croyait tout savoir de cette Coupe du monde, et puis le 7 juillet est arrivé. En l’espace de quelques heures, Atlanta et Vancouver ont offert deux scénarios diamétralement opposés — le premier digne d’un film à rebondissements, le second d’un thriller psychologique — pour refermer la page des huitièmes de finale et dessiner le tableau complet des quarts. Récit d’une soirée que ni le Caire ni Lausanne n’oublieront de sitôt.

Argentine 3–2 Égypte : le comeback du siècle
À la 67e minute, au Mercedes-Benz Stadium d’Atlanta, l’Argentine était morte. Yasser Ibrahim avait ouvert le score dès la 15e minute d’une tête imparable, puis Mostafa « Zico » avait doublé la mise à la 67e — un enchaînement qui laissait les champions du monde au bord du gouffre. Les cotes en direct avaient explosé : le titre argentin, coté à environ 4,50 avant le match, s’envolait au-delà de 45,00 dans le chaos du live. Messi semblait vieillir en temps réel.
Et puis, en onze minutes, le football a fait ce qu’il fait de mieux : rendre l’impossible banal. Cristian Romero, défenseur central, a réduit l’écart de la tête à la 79e. Quatre minutes plus tard, Messi — qui d’autre ? — a égalisé à la 83e, son huitième but du tournoi, un record en soi. Et dans le temps additionnel, à la 90e+2, Enzo Fernández a libéré tout un continent d’un tir rasant. Trois buts en onze minutes, de 0-2 à 3-2. « It isn’t easy to come back from 2-0 down, but as I always say, this team never gives up » (Ce n’est pas facile de revenir de 2-0, mais comme je le dis toujours, cette équipe n’abandonne jamais), a résumé Messi, le regard encore fiévreux.
Suisse 0–0 Colombie (4–3 aux tirs au but) : la patience récompensée
À Vancouver, l’histoire s’est écrite à l’envers : pas de buts, pas de folie, mais une tension qui montait comme une marée. La Colombie, légèrement favorite, a poussé. La Suisse a résisté. Cent vingt minutes se sont écoulées sans qu’aucun filet ne tremble — un exploit de discipline collective pour les hommes de Murat Yakin.
Puis est venue la loterie. Quatre Suisses ont converti leur tentative, trois Colombiens les ont imités, et le dernier tir colombien s’est perdu dans la nuit canadienne. Rubén Vargas, celui qui avait inquiété tout le monde avec une alerte physique quelques jours plus tôt, a inscrit le penalty décisif. La Nati est en quarts de finale pour la première fois depuis 1954 — septante-deux ans d’attente effacés en un instant. Nous racontons cette épopée suisse en détail dans notre page consacrée à la Nati en quarts.
Les quarts sont au complet
Avec ces deux résultats, le tableau des huit meilleures équipes est désormais figé : France contre Maroc (9 juillet), Espagne contre Belgique (10 juillet), Norvège contre Angleterre et Argentine contre Suisse (11 juillet). Quatre affiches, quatre histoires — et la Nati au cœur de l’une d’entre elles. Pour le tableau complet et les cotes, voir notre aperçu des quarts de finale.
Ce que disent les marchés, au lendemain
Le comeback argentin a provoqué un séisme sur les marchés. Le titre de l’Argentine, qui flottait autour de 45,00 en live quand Messi et ses coéquipiers étaient menés, est redescendu à 4,90 — soit une probabilité implicite d’environ vingt pour cent. La France reste favorite à 2,75, l’Espagne suit à 4,70, l’Angleterre à 5,80. La Suisse, elle, est cotée à 34,00 pour le titre — la plus longue cote des huit survivantes, mais la preuve qu’elle est bien là. Ces cotes datent du 7 juillet en soirée.
Le mot du conteur
Le 7 juillet 2026 mérite une place dans l’anthologie de la Coupe du monde. D’un côté, un comeback de trois buts en onze minutes par les champions en titre ; de l’autre, la résurrection silencieuse d’une petite nation qui n’avait plus goûté à l’élite depuis septante-deux ans. Les pronostics pour France-Maroc ouvrent désormais le chapitre des quarts. Le tournoi ne fait que commencer.
