Le Brésil, la Norvège et une vieille malédiction

Updated juillet 2026
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Il faut parfois remonter le temps pour comprendre un match. En 1998, sur une pelouse de Marseille, une petite Norvège avait fait tomber le grand Brésil, 2-1, et envoyé la Seleção vers une désillusion inattendue. Vingt-huit ans plus tard, les deux nations se retrouvent en huitième de finale d’un Mondial, et le souvenir refait surface comme une vieille chanson qu’on croyait oubliée. Car derrière le rôle de favori tranquille que l’on prête au Brésil se cache une statistique qui a de quoi troubler le sommeil de Carlo Ancelotti.

Un attaquant blond en maillot sombre file balle au pied dans un grand stade illuminé, tribunes floues à l'arrière-plan
Erling Haaland dispute sa première Coupe du monde à vingt-cinq ans — et il ne la vit pas en spectateur.

Le Brésil favori, et pourtant

Sur le papier, tout plaide pour la Seleção. Cinq victoires et un nul sur ses six derniers matchs, une qualification arrachée au forceps contre le Japon (2-1, but de Martinelli à la 90e+6), et un Vinicius Junior en pleine bourre, auteur de quatre buts et buteur lors des trois matchs de poule. Le marché suit cette logique : un succès brésilien dans le temps réglementaire est proposé à une cote de 1,80, contre 4,60 pour la Norvège et 3,60 pour le nul. Même les modèles statistiques, qui accordent au Brésil un peu plus de cinquante-trois pour cent de chances de l’emporter, ne creusent pas un fossé abyssal.

Pourquoi cette prudence, alors que le nom « Brésil » claque comme un coup de tonnerre ? Parce que l’histoire, justement, raconte autre chose.

La bête noire scandinave

Voici la statistique qui devrait faire hésiter tout parieur pressé : le Brésil n’a jamais battu la Norvège. En quatre confrontations, les Scandinaves sont restés invaincus — deux victoires, deux nuls. Pour une nation habituée à écraser tout sur son passage, c’est une anomalie, une écharde plantée dans l’orgueil. Ancelotti, trop fin renard pour balayer cela d’un revers de main, a tenu à saluer l’adversaire : « Norway is a difficult, balanced team with plenty of quality. » (La Norvège est une équipe difficile, équilibrée, avec beaucoup de qualité.)

Et sur le cas qui obsède tout le monde, il a coupé court : « There is no anti-Haaland plan. » (Il n’y a pas de plan anti-Haaland.) Une phrase de sérénité affichée — ou de défi.

Haaland, l’ogre de sa première Coupe du monde

Car il y a Haaland. À vingt-cinq ans, le colosse dispute enfin sa première Coupe du monde, et il ne s’y présente pas les mains vides : cinq buts déjà, dont celui, à la 86e minute, qui a permis d’écarter la Côte d’Ivoire en seizième. La Norvège est de retour dans le grand bal après vingt-huit ans d’absence, portée par un buteur qui transforme la moindre occasion en danger mortel. Le revers, c’est une défense friable : dix buts encaissés en six matchs, pas le moindre match sans en prendre. Contre l’attaque brésilienne, c’est un pari risqué — mais devant, il y a Haaland, et cela change tout.

Les absents pèsent lourd

Un détail qui n’en est pas un : le Brésil devrait se passer de Raphinha, gêné par les ischio-jambiers, tandis que Lucas Paquetá est également forfait. Le jeune Endrick pourrait profiter de ces absences pour se glisser dans le onze de départ. À cela s’ajoute une épée de Damoclès : Casemiro et Danilo, avertis, manqueraient le quart de finale en cas de nouveau carton jaune. Autant de grains de sable susceptibles d’enrayer la belle mécanique.

Exemple : une mise de cinquante francs sur le Brésil à une cote de 1,80 rapporterait nonante francs, soit un gain net de quarante francs — si la Seleção l’emporte dans le temps réglementaire. Un rendement modeste, à mettre en regard de la vieille malédiction norvégienne.

L’heure et le lieu

Bonne nouvelle pour les couche-tôt de Romandie : le coup d’envoi est fixé à vingt-deux heures, heure suisse, au MetLife Stadium — celui-là même qui accueillera la finale le 19 juillet. La météo pourrait s’inviter dans le scénario : une trentaine de degrés, une atmosphère lourde et un risque d’orage en soirée, de quoi hacher le rythme d’un match que le Brésil aimerait dérouler. Notre page consacrée au MetLife Stadium présente ce théâtre appelé à écrire la dernière page du tournoi.

Mon sentiment de conteur, sans boule de cristal : le Brésil est plus fort et devrait finir par passer, mais la cote de 1,80 récompense mal le risque d’une soirée piégeuse. À qui aime les histoires, un but de Haaland vaut parfois mieux qu’un favori attendu. Pour le grand tableau, notre pronostic du vainqueur remet chaque résultat en perspective.

Les cotes citées sont des cotes décimales indicatives relevées début juillet. En Suisse romande, seul Jouez Sport (Loterie Romande), agréé par la GESPA, propose légalement ces marchés ; les opérateurs étrangers y sont interdits et bloqués.
Le Brésil a-t-il déjà battu la Norvège ?
Non. En quatre confrontations, la Norvège est restée invaincue face au Brésil (deux victoires, deux nuls), avec notamment un succès 2-1 lors de la Coupe du monde 1998. C’est l’une des rares bêtes noires de la Seleção.
À quelle heure se joue Brésil-Norvège en Suisse ?
Le coup d’envoi est fixé à vingt-deux heures, heure suisse, ce 5 juillet au MetLife Stadium. Une horaire clémente pour suivre le match en entier depuis la Romandie.